République Dominicaine

Départ à l’aube des British Virgin Islands. Nous avons prévu un petit crochet par Culebra, une île de Porto Rico située juste à l’Est de la République Domicaine. Une petite pause sympa même si le but était essentiellement « administratif ». Porto Rico étant rattaché aux Etats Unis (pas incorporé, mis rattaché, petite nuance…), on peut y faire notre entrée sur le sol américain et surtout acquérir notre crusing permit, une autorisation nécessaire pour naviguer pendant un an aux Etats-Unis. Bizarrement, nous avons lu sur plusieurs sites que c’était moins évident à obtenir en Floride quand les voyageurs sont en provenance de Cuba…

A peine ancré dans la jolie baie de Ensenada Honda, il faut appeler le service d’immigration des Etats Unis, transmettre tous les numéros de passeports, du bateau… et puis direction l’aéroport pour cette fois montrer nos jolis minois à l’officier et refaire nos déclarations sur le papier !

Climatisation à fond, portrait de Donald Trump derrière le bureau et quelques affiches marquées en gros WANTED promettant une grosse récompense pour la livraison du malfrat comme dans les films !.. L’officier, plutôt sympa, échange avec Adrien, puis lui demandant qui est sur la photo présidentielle derrière lui, le voilà qui s’exclame en rigolant « this man is totally crazy, no ? » Adrien, un peu interloqué, sourit mais n’en rajoute pas !

La petite ville n’est pas désagréable, – maisons colorées, superette avec produits américains et petits food trucks. En sortant avec l’annexe on se trouve une jolie petite plage pour passer l’après-midi. On se repose une journée avant de repartir pour 48h de mer pour rejoindre la baie de Samana en République Dominicaine, deuxième économie de la Caraïbe après Cuba.

Emile n’a pas très envie de fêter son anniversaire en mer alors on met les voiles pour y être le 13 mars sans faute ! Navigation tranquille à part les 8 h pour traverser le Mona Passage entre Porto Rico et la République Dominicaine. Ce passage est réputé dangereux par les américains et canadiens qui le remontent au prés quand ils vont vers les Antilles. Christophe Colomb l’aurait même surnommé le passage de la Muerte… Nous, on est au portant et même si la mer désordonnée nous remue un peu, on reprend vite une bonne allure pour arriver à l’entrée de la baie au levée du jour le 13 mars. Ouf, c’est bon, on sera à l’heure pour souffler les 10 bougies même s’il nous faudra encore 3 heures pour atteindre la marina de Puerto Bahia, tellement la baie est profonde !

Le capitaine n’a pas fait son choix au hasard : la marina est adossée à un complexe hôtelier haut de gamme et avec le bateau au ponton, l’équipage a le droit de profiter des piscines ! Il y en a 3 dans le complexe !! Emile souffle ses 10 bougies comme un chef sur la montagne de cookies que nous a préparée Adrien et on file se rafraichir. Le bassin à débordement est en terrasse au dessus de la mer, et les garçons rivalisent des sauts et de plongeons en tout genre. Il faut avouer que c’est très agréable, … Et après quelques heures de piscine intensive, Victor se lance sans ceinture dans l’eau : le style n’est pas très académique mais il sait nager tout seul !

La marina est luxueuse et forcément très confortable mais on est un peu coupé de la réalité de l’île. La ville de Samana n’est qu’à quelques kilomètres, et on part à pied vers la sortie du complexe hôtelier. On a la chance d’être rapidement pris en stop. Samana est une grande ville traversée par une route principale ; l’animation est partout mais c’est autour du marché qu’elle est à son comble. Les étales de fruits et légumes font plaisir à voir, cela fait un moment qu’on n’en a pas vu d’aussi beaux et on fait le plein.

 

Déjeuner sympa dans un bouiboui qui sert des poulets grillés, puis retour en « tuk-tuk » à moto à la marina.

Accosté au ponton, les rencontres avec d’autres bateaux sont plus faciles. Ici, on rencontre plus d’équipages notamment américains, canadiens, australiens qui descendent vers les Antilles. Adrien s’essaie à l’anglais avec Michael, 12 ans, qui vient du Texas, qui est parti avec sa sœur et ses parents de Fort Lauderdale en Floride pour 4 à 5 ans. On se fait un apéro sympa avec Olivier et Sophie, un bordelais et une charentaise de La Rochelle qui ont vécu 3 ans en Floride en tenant un restaurant au Nord de Miami. Ils ramènent leur bateau en Martinique pour le vendre et rentrer en France. Rencontre brève mais sympathique également avec une famille de 4 enfants qui vient de Belgique et qui a loué pendant 6 mois un catamaran pour parcourir l’arc antillais.

On aime bien cette luxueuse marina, mais de peur d’être peu à peu gagnés par la nonchalance, nous devons partir. Nous traversons la baie dans toute sa largeur à la voile pour un mouillage dans la réserve naturelle de Los Haitises. Changement de décor, Bagatelle est presque seul au milieu de monticules rocheux couverts de végétation avec comme voisins des oiseaux : pélicans, sternes et même des rapaces qui tournent au-dessus de la canopée et … des moustiques. Ces derniers nous entourent de leur attention et leur zèle nous gâchera bien la nuit !

On descend tout de suite l’annexe pour partir à la découverte des fameuses grottes où auraient vécu des peuplades amérindiennes ayant laissé des peintures rupestres. On pénètre dans la mangrove, c’est extraordinairement paisible et la lumière du soir accentue les reflets des palétuviers sur l’eau. Dans les grottes, sans guide pour nous les montrer, nous n’aurions pas trouvé les quelques traces de vie de cette civilisation amérendienne. On y trouve aussi quelques chauve-souris.

Le lendemain, on part un peu plus loin pour remonter tout un bras de rivière sur 2 milles environ au cœur de la mangrove. Notre moteur hors bord de 2 cv est toujours en peu juste, mais à petite vitesse, on profite de la balade. Au fond, un petit ponton et une exploitation agricole qu’on aurait jamais pensé trouver derrière cette épaisse frange de mangrove. On longe même une grande rizière avant de trouver « l’eco-resort » dont on nous a parlé.

Cette base de loisir et d’hôtellerie « écologique » a été construite par un admirateur de Gaudi : on ne pensait pas trouver ça en pleine nature. Il faut avouer que l’ensemble est bien réussi et placé sur la rivière, il offre des petites piscines d’eau douce en cascade bien agréables. La baignade est un régal après la balade !

La République Dominicaine est une grande île, la plus grande depuis notre arrivée aux Antilles et on a prévu une deuxième étape sur la côte nord avant de filer vers Cuba. On quittant la baie de Samana pour celle de Luperon, on croise quelques baleines. Juste de loin, un dos qui roule puis une queue avant que la baleine ne retourne au fond de l’eau mais on est tout excité !

Baie profonde, bien protégée, Luperon, notre prochaine destination, constitue un bon « trou à cyclones » et il y a d’ailleurs pas mal de bateaux qui sont laissés à la bouée entre 2 saisons par les équipages. On y rencontre beaucoup de canadiens qui nous donnent des infos sur notre prochaine remontée dans les water-ways. Même si nous avons déjà fait notre clearance d’entrée à Samara, il faut à nouveau aller faire le tour des services d’immigration. Une baraque avec 3 petits bureaux est postée à la sortie du ponton d’accès à la ville. Grégoire y perd une nouvelle fois une bonne partie de l’après-midi à remplir des papiers qui s’entassent ensuite sur des étagères. La guarda de Luperon est réputée pour inventer des taxes locales et elle nous impose des cartes touristiques obligatoires. Ça commence à couter cher en frais d’entrée…

Le village de Luperon est beaucoup plus petit que la ville de Samana. On prend vite nos marques sur la petite place avec Wifi, les petits bars, échoppes de fruits et superettes. Un peu plus loin, en contournant une ligne de hauts bâtiments délabrés, on trouve un très belle et longue plage. On s’interroge devant cet énorme complexe hôtelier, pas si vieux que cela et laissé complètement à l’abandon depuis visiblement plusieurs années et qui, pourtant, ne semble pas avoir été dévasté par un ouragan… Des locaux nous expliquent que c’est la récession liée à la crise des subprimes de 2008 qui a sévit ici, le complexe étant à l’époque très fréquenté par la middle class américaine…  Un coup dur pour un pays dont l’économie est essentiellement basée sur le tourisme et l’agriculture.

Dernière nuit bien à plat dans le calme de la baie avant de reprendre la navigation pour Cuba. La fenêtre météo est bonne, départ demain matin.

 

2 réflexions sur “République Dominicaine

  1. Ouahh, je vous promets qu’on ne peut plus se passer de vous suivre. Bon anniversaire Emile, Bravo Victor pour tes exploits de natation, Adrien on a envie de goûter tes cookies, brune tu écris à merveille et Grégoire le pro de l’administratif. On vous Kiffffffffffffff

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