En remontant les water ways…

En fait, nous n’avons pas pris tout de suite les water ways en quittant Miami. Pour prendre un peu d’avance et profiter du fait de ne pas avoir le vent dans le nez, l’équipage reprend la mer pour 3 jours (et 3 nuits), Direction Georgetown, Caroline du Sud.

Il y a bien l’effet « tapis roulant » du Gulf stream qui nous emmène à 9 noeuds de moyenne sur le fond, mais avec une houle de travers, ce n’est pas le grand confort. Même la belle daurade coryphène qu’on pêche ne nous donne même pas envie de sushis… Grégoire lève vite les filets et on la met au frais. On s’arrêtera d’ailleurs finalement une nuit dans la baie de West Palm Beach pour souffler un peu. Cela se calmera, même trop pour les 2 jours suivants où l’appui du moteur devient nécessaire pour éviter d’être balloté… A tout choisir je vous l’avoue, je préfère quand même un petit bruit de fond et avoir l’estomac à l’endroit pour boire un petit rhum, plutôt que jouer les puristes dans un shaker !

Pêche à la Daurade dans le Gulf Stream:

 

On ressort doucement les polaires, on a perdu presque 15°C en 2 jours ! Faut dire qu’on arrive à la latitude de Lisbonne… Les berges sont vert tendre, avec des grands arbres de part et d’autres. Partout, des petits pontons de bois sortent leur nez.  On change complètement de paysage : un autre tableau, mais très beau aussi !

Georgetown, SC : bonne étape. Pas loin des crevettiers, dont on profite pour de belles poêlées.

En quittant Georgetown, on entre vraiment dans les water ways. Navigation au moteur, pour l’équipage c’est cool, aucun roulis : livres, jeux et films, le temps passe tranquille. Le capitaine, lui, va vite se lasser… Au début, la douce lumière au milieu de la forêt nous donne l’impression de glisser sur un étang de Haute-Vienne, mais plus on remonte vers la Caroline du Nord, plus cela devient monotone.  Pas question de quitter le poste de commande car ce n’est pas large et il faut surveiller la dérive… Les bateaux canadiens et américains que l’on avait croisés nous avaient prévenus que c’était un peu long, et notre petit moteur de 20 chevaux n’arrange rien. Disons le : Grégoire s’emmerde.

A partir de Myrtle Beach, des maisons apparaissent, de plus en plus grosses avec chacune leur ponton aménagé et le bateau de pêche à moteur. Le concours de la maison la plus « too much » nous occupe un peu (top 5 à venir), mais Grégoire s’emmerde toujours.

Et puis on commence à parler du retour, doucement… On a déjà commencer à remettre des chaussettes, on est bientôt prêt !

Masonboro (Caroline du Nord) : mouillage à l’entrée de l’inlet. C’est fou ce que les américains aiment pêcher : on rencontre beaucoup de petits bateaux moteurs super équipés, avec multiples cannes dernier cri. On est loin des petites barques des pêcheurs cubains et capverdiens ! Les eaux saumâtres autour des inlets sont semble-t-il très poissonneuses.

On fait une petite infidélité aux water ways en passant par la pleine mer pour une étape de 70 milles vers le mouillage au Cape Lookout, avec enfin un peu de vent pour mettre les voiles sans le ronron du moteur.

Cape Lookout ( Caroline du Nord) : magnifique mouillage au milieu des dunes avant Beaufort !

Ici c’est le printemps après notre long été ! C’est le bonheur de se balader entre mer et campagne. Les dunes de sable ne sont pas sans nous rappeler celles d’Etel ou de la Côte sauvage à Royan, et juste derrière, c’est la forêt de pin et les allées fleuries. Victor nous cueille un beau bouquet pour le bateau et Adrien retrouve les joies du pollen …

Beaufort Dock Marina :  C’est le Wooden Boat Show (Salon des bateaux en bois) ! du coup, le front de mer est animé, et le lendemain, on est aux premières loges pour suivre la compétition des bateaux en carton ; Adrien et Émile prennent quelques idées pour une future embarcation !

Ici, comme dans toutes les petites villes américaines qu’on a croisées, il n’y a pas de petites épiceries du coin. Pour ravitailler, il faut sortir de la zone résidentielle pour trouver le gros supermarché. On profite ici de la « courtesy car » pour une opération courses.

Alligator river (tout un programme !) : On sort même le bonnet pour Greg. Ciel gris et eau couleur coca cola, c’est un peu lugubre…

2 itinéraires sont possibles pour rejoindre Norfolk, Virginia. Le Virginia Cut, qui est le canal « grand format », relativement récent, et le Great Dismal Swamp, décidé par Abraham Lincoln et qui a été creusé à main d’homme  !! Les 2 canaux comportent un jeu d’écluses pour réguler leur niveau d’eau. Le Great Dismal Swamp est plus pittoresque et sa profondeur est seulement de 6 pieds (=1,80 m). Bagatelle cale 1,60 m : on choisit donc de passer par ce canal, qui est une pièce de l’histoire des Etats Unis.

Avant d’entrer dans ce fameux canal, on s’arrête au Free Dock d’Elisabeth City : Ponton municipal d’accueil gratuit. On va faire quelques courses à pied à travers la ville, en fait 40 minutes de marches aller et 40 minutes retour pour trouver un bout de magasin…au bord de routes plutôt que de rue où rien n’est fait pour le piéton. On trouve quand même un vieux centre ville où les bâtiments se touchent, cela fait du bien. De retour au bateau, un monsieur nous attend, cueille une rose et l’offre à Brune. Il nous raconte la jolie histoire de ce monsieur d’Elisabeth City qui, 40 ans plus tôt, cueillait des roses de son jardin pour en offrir en cadeau de bienvenue aux femmes sur les bateaux de passage. A sa mort, un autre citoyen a pris le relais et a continué cette jolie pratique. Depuis la Ville d’ELisabeth a replanté le fameux rosier au pied du ponton d’accueil et des volontaires font perdurer la tradition. Une stelle explique cette jolie histoire et nous avons 2 roses qui décorent le bateau pour quelques jours.

Nous faisons également la rencontre de Wanda et David sur leur bateau Soul Shine. On se donne rendez-vous demain dans le canal historique pour passer les écluses en même temps. En fait, on est vite distancé par leur gros bateau à moteur. Si  le niveau d’eau est correct, Bagatelle tape malheureusement  à plusieurs reprises des bouts de bois et des troncs d’arbres qui doivent être entre 2 eaux, ou qui trainent au fond. (Il faut dire que la canal a été fermé pendant 6 mois récemment suite à un ouragan, et le ménage n’est vraisemblablement pas fini…). On est forcé de réduire la vitesse pour ne pas risquer d’abîmer le safran et le bateau. Les heures de remontée dans ce joli canal seront finalement longues et très stressantes : on risque de louper l’heure d’ouverture de l’écluse de sortie et il n’y a pas de mouillage possible en amont. Je remercie encore nos amis de Soul Shine et d’Elixir qui nous précédaient dans le canal et qui négocient un petit délai avec le gardien et nous attendent.

Le Great Dismal Swamp Canal en Time-Lapse :

Norfolk marque la sortie et la fin des waters ways en tant que tel. On arrive au milieu de la plus grosse base de la navy américaine. Très impressionnant !!

On se retrouve sur le free dock de Portsmouth en face de Norfolk, en plein milieu de la ville. L’orage gronde, et on ne regrette pas d’être bien amarrés quand une énorme averse nous tombe dessus. Qu’est-ce qu’on est bien à l’abri dans Bagatelle !

Cette fois direction la rivière Potomac pour remonter jusqu’à Washington DC.

 

3 réflexions sur “En remontant les water ways…

  1. Vous nous avez convaincu on ne va pas louer de petit bateau pour descendre l’Ardèche. On va opter pour la ballade en âne dans les Pyrénées. Merci au capitaine qui s’emmerde de nous avoir si bien fait découvrir les water-ways.
    Bisous à tous

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