Marie Galante et les Saintes

Emile : Le matin où on s’apprêtait à partir à Marie Galante avec papi, 2 personnes qui s’appelaient Loïc et Mélanie faisaient du bateau stop, ils cherchaient à aller à Marie Galante.  Comme la traversée n’était que de 3h, l’île est juste en face de notre marina de St François, papa a accepté.

La traversée s’est bien passée – en tout cas pour moi car papi et Mélanie étaient un peu malades …- et on a même vu quelques gros dauphins avant d’arriver à notre mouillage à St Louis. On s’est dépêché de gonfler l’annexe car on entendait du mouillage le bruit d’une sorte de fanfare.

En fait, c’était le défilé du carnaval. Ils avaient de beaux costumes et dans chaque rue on entendait le bruit des groupes de musique : tambours, très gros tambours, djembés, steel-drum, cymbale, fouets et même lambis !

  • le steel-drum est comme un grand récipient en métal, avec au marqueur dessinés dedans des petits ronds pour savoir quelle note on fait, et ça fait un bruit assez « steelé » ! Clément Bazin, un musicien que j’aime bien, qui est je crois un peu mon cousin, en joue mais je n’avais jamais vu l’instrument en vrai.
  • le lambis est un gros coquillage très beau, et quand il n’est pas abîmé, on fait un trou dans la partie la plus pointue et on souffle dedans. Ça fait un vrai instrument !
  • le fouet est un fouet, mais ce n’est pas aussi simple que ça en a l’air. Il faut faire un mouvement comme un hélicoptère, puis, après, il faut frapper par terre et ça fait un bruit de pétard énorme !

On n’est resté que 2 jours à Marie Galante, juste le temps d’une excursion dans l’île où Papi en profite pour faire une provision de rhum à la distillerie Labat et où l’on goûte les spécialités locales à Capesterre. Un tour à la plage de la Feuillère pour une sieste et une séance de body board sans planche…  Demain départ tôt pour les Saintes !

Brunehilde : On n’a bien failli ne pas voir les Saintes. Ou plutôt, si, voir la baie mais repartir aussitôt sans faire escale tellement le mouillage est compliqué. On le savait, la baie de Terre-de-Haut est réputée pour sa beauté et les quelques bouées sont prises d’assaut, notoriété oblige ! Le mouillage sur ancre est interdit sur toute une bande longeant la côte car elle est source de détérioration des fonds marins. Un principe louable mais qui nous a fait sacrément pester (surtout Greg qui jurait pour 10) ! car à l’arrivée de notre navigation sous 30 nœuds au largue, on avait beau tourner jusqu’à l’îlet Cabrit, pas une bouée de libre. L’ancre n’est autorisée que dans une frange au-delà des 20m de profondeur impossible pour nous, et Bagatelle n’est pas le seul à errer dans la baie…    Mieux vaut arriver très tôt !

Repartir tout de suite pour 3h de navigation vers Basse Terre ne nous enchante guère, alors on pirate une bouée à laquelle est déjà amarrée une annexe en faisant fis des cris des équipages voisins et en se disant qu’on verra après un bon déjeuner … et finalement le culot paie, son propriétaire vient récupérer son annexe, mise là pour garder une seconde place : on peut rester ! Beau mouillage derrière le pain de sucre, pas confortable, mais mon père semble s’adapter au roulis et j’ai du snorkeling à portée de palmes !

Un peu de marche à pied pour arriver au village, mais les garçons crapahutent bien et Adrien s’est résigné au fait que non, nous ne louerons pas une voiturette électrique. Le bourg est soigné et coloré, et la balade jusqu’au fort Napoléon nous offre un magnifique panorama sur l’ensemble des Saintes avec Terre-de-Bas au loin.

Dans le musée, on a même droit à un petit cour d’Histoire avec la fameuse bataille des Saintes où la flotte anglaise terrassât les français en 1782. Ces 15 km² de terre seulement offre une rade protégée précieuse dans l’arc antillais et les Saintes ont plusieurs allers-retours entre la couronne britannique et l’Empire napoléonien avant de redevenir définitivement françaises en 1816.

Grégoire: La Bataille des Saintes

Le 12 Avril 1782, entre les Saintes et la Dominique, l’Amiral Rodney attaque les 30 navires français constituant la flotte menée par le Comte de Grasse, qui partait vers la Jamaique afin de la reprendre à ces mêmes Anglais. La meilleure défense, c’est l’attaque et Rodney prend l’initiative avant que la flotte Française rejoigne la flotte espagnole pour se rendre en Jamaïque. C’est aussi une soif de revanche qui anime Rodney car, 6 mois plus tôt, il fut un des vaincus de la bataille de Yorktown, dans la baie de Cheseapeake, où le Comte de Grasse porta un coup décisif aux Anglais en venant prêter main forte à Lafayette et aux troupes américaines en lutte pour leur indépendance. De nombreux spécialistes reconnaissent d’ailleurs que cette victoire française à Yorktown fut décisive pour l’indépendance des Etats-Unis.

Mais ce 12 Avril 1782, les Anglais sont plus nombreux, leurs navires sont plus rapides, et deux facteurs viennent consolider leur victoire : à la faveur d’une saute de vent, la ligne française est scindée et les Anglais s’enfoncent dans la brèche. Mais De Grasse se bat également en interne avec ses lieutenants et relatera par la suite que 12 de ses ordres ce jour là n’ont jamais été suivis d’effets, causant la déroute française. S’il y avait eu un arbitre officiel, on aurait cru une défaite du XV de France à Twickenham : météo, indiscipline et arbitrage, les recettes de la déroute française aurait pu titrer le journal l’Equipe…. De Grasse est fait prisonnier ainsi que 5000 marins français. Le navire amiral, la Ville de Paris, navire innovant réputé imprenable est capturé. Les Anglais veulent le ramener à Londres, mais le bateau, qui a été criblé dans la bataille est très abimé, coule dans la tempête sur le chemin de l’Europe.

Brune: Le soir, nos amis de Punch Coco qui viennent d’arriver nous inviter à un petit rhum sur leur catamaran. Bon, nous n’aurions peut-être pas dû laisser mon père visiter le Bahia Fountaine Pajot : il est ébahi par les 4 cabines doubles, chacune avec sa salle d’eau… Il se demande s’il a choisi le bon bateau !… mais finalement en partageant son matelas avec Victor, il était vraiment dans le cœur de Bagatelle, non ?

Adrien : Après, depuis les Saintes, nous sommes allés à la marina de Rivière-Sens ( Basse Terre), là où Papa était arrivé pour sa Mini Transat en 1999 !

Les places étant moins larges que les bateaux, l’arrivée est un peu … mouvementée. Mais finalement, on arrive à glisser Bagatelle au chausse-pied avec un pare battage écrasé de chaque côté !

Papa reloue une voiture et nous allons déposer Papi à l’aéroport en passant par le mémorial ACTe qui est consacré à l’esclavage. Ce serait long à raconter, mais si vous en avez l’occasion, visitez-le, c’est très intéressant, bourré de systèmes numériques QUI FONCTIONNENT et on a appris beaucoup de choses : sur l’histoire de l’esclavage, qui a existé très tôt dans l’histoire des civilisations, sur le nombre considérable de personnes déportées, 12 Millions (incroyable !), sur le code Noir dont Colbert fut l’instigateur, sur le rôle des religions, sur les nouvelles formes d’esclavages etc, etc…

Absolument passionnant !

Ensuite, il faut redéposer Papi à l’aéroport ! Prochaine étape, la Bretagne où on se retrouve dans 6 mois !

 

 

2 réflexions sur “Marie Galante et les Saintes

  1. merci pour ce cours d’histoire Greg, et merci à tous pour vos sensations à chaud !! Moi je regarde la neige qui tombe fort ce soir !!! Mais bon, je fais du ski !!!
    et je vous accompagnais un peu ces derniers temps avec des lectures éloignées du Québec (Le paradis un peu plus loin, roman de Vargas Llosa qui se déroule notamment au Pérou, et en france, mais surtout avec paul Gauguin à Tahiti et aux Marquises ! Magnifique roman qui croise la vie de Flora Tristan et celle de son petit fils Paul Gauguin). et avec Géo j’admirais des pages sur la Polynésie. Bref, j’étais prêt à plonger aux Saintes avec vous !! Bon courage pour les mouillages : c’est qu’il y a du monde par chez vous !!!
    Génial d’arriver à Marie-Galante en plein carnaval !!!!
    Bises, Ludo

    J'aime

  2. En plus on se cultive !!! Les Saintes un grand souvenir pour moi c’est là que j’ai connu mon bon ami Jean Louis Planquart que vous connaissez bien. Ramenez un ptit punch ou ti punch ou du rhum.

    J'aime

Répondre

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s