Saint Martin

Le moteur du guindeau réinstallé, on part dès l’après-midi du 28 février pour St Martin. Cet arrêt forcé à Antigua aura eu l’avantage de nous faire attendre la fin du coup de vent et surtout de la forte houle, qui même après 6 mois de mer me donne toujours un peu de nausée… Cette navigation sous 15 nœuds de vent portant fut douce, des conditions idéales avec même une lune pleine aussi efficace d’un projecteur. Je m’autorise un film pendant mon quart de nuit, Grégoire reprend jusqu’à l’aube et on longe St Barth à la levé du jour.

On pêche même un joli thon « gros yeux », ça faisait longtemps qu’on avait pas eu du poisson frais !

Pour ne pas devoir rejoindre les îles vierges britanniques le vent dans le nez, et prendre le risque de retarder notre plan de route, on a décidé de ne pas s’arrêter à St Barth et d’aller directement à la marina de St Martin : on a besoin de faire un plein d’eau, car même si on a repris une politique drastique de gestion de l’eau douce, on a quitté Rivière Sens depuis 12 jours et les 550 litres de nos réservoirs sont bien consommés … Je commence à avoir des dread-locks et une bonne douche ne nous fera pas de mal ! D’être au ponton facilitera aussi le rechargement en bouteilles d’eau et l’avitaillement qu’il faut compléter car il sera difficile de refaire un avitaillement complet avant … les USA !

En longeant la côte, on aperçoit déjà les dégâts laissés par le passage d’Irma : la végétation balayée, les toitures arrachées… On ne passera que 24h à St Martin : des aller-retours à Super U et pas de quoi en faire un article… Mais on voulait quand même témoigner de cet après ouragan. Comme à chaque passage de cyclones sur ces îles des Antilles, il faut réparé vite pour conserver leur principale source de revenus : le tourisme.

Mais malgré tous les travaux déjà réalisés, il reste à faire : sur le front de mer, des boutiques dévastées laissées à l’abandon, des bouts de quille encore sur le bord de la route et sur le lagon, de nombreuses épaves, coques éventrées, mâts disloqués. Que vont-ils faire de tous ces bateaux détruits ?

Irma est passée sur l’île avec des vents à près de 400km/h entrainant aussi une montée des eaux soudaine de plus de 2 mètres et des vagues de 6 à 8 mètres qui inondent et submergent tout.

Mais en discutant avec plusieurs locaux, on comprend qu’ici, plus encore qu’Irma et de cette catastrophe naturelle, c’est les pillages ayant suivis qui ont écœuré bon nombre. Certains ont laissé leur commerce sans vouloir y revenir. Le gouvernement a dû envoyer l’armée pour stopper rapidement ces pilleurs qui pour certains avaient même profité de l’œil du cyclone pour commencer leurs vols. Ahurissant !

 

Il semblerait qu’à St Barthélémy, qui a pourtant connu la même dévastation, la gestion ait été tout autre. L’île a pu compter sur ses riches habitants, de l’argent a tout de suite été débloqué pour reconstruire et une organisation s’appuyant sur l’implication de chacun a permis de nettoyer rapidement les dégâts. Mais nous n’avons pas pu le constater par nous même.

Les prévisions annoncent que le vent va complètement tourné dans 24h (la forte dépression sur New York génère forte houle et vent d’Ouest sur la zone nord Antilles.)

On quitte donc St Martin dès la fin d’après-midi du 1er Mars pour profiter encore de ces vents portants pour rejoindre les Iles Vierges Britanniques. On hisse le spi et Bagatelle repart pour une nuit de mer sous la protection de la lune.

 

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